Un pervers narcissique peut-il vouloir changer ?
Dans cette réponse
Est-ce qu'un pervers narcissique peut prendre conscience qu'il l'est et vouloir changer ?
Alors là aussi, c'est une question muleta. La muleta, c'est le chiffon rouge que le torero tend au taureau pour qu'il fonce dedans. On va y répondre. Pourquoi c'est une question muleta ? C'est la muleta que tend ton esprit pour te protéger. Je vais développer ça plus tard, je vais d'abord répondre à la question.
C'est une question doublement piégeuse. Parce que c'est la muleta, mais derrière, il y a un autre piège. Bien souvent, quand le ou la PN sent qu'il pourrait te perdre, il va te sortir cet argument. Si les manipulations précédentes n'ont pas fonctionné, tu vas y avoir droit : « Oui, tu as raison. Je me rends bien compte que ça ne va pas. Je vais faire quelque chose. » Difficile de résister, puisque tu cours après ça depuis tellement longtemps. S'il te balance ça, tu jubiles. Tu te dis : enfin, enfin, enfin, ce jour arrive.
Donc la plupart du temps, c'est une grosse manipulation. Mais en même temps, difficile de ne pas donner sa chance au produit. Moi, par principe, quelqu'un qui veut se accompagner, bien évidemment, je vais l'encourager. Parce que, en plus, l'étiquette de pervers narcissique peut parfois être posée assez facilement. Donc quelqu'un qui dit qu'il veut s'en sortir, on va l'encourager. Mais on va aussi voir si les actes sont joints à la parole. C'est ça qui compte. Ce ne sont pas les bonnes intentions : les bonnes intentions, on en a tous. Mais est-ce que les actes suivent ?
Donc ça, ce sera ma réponse. La plupart du temps, si vraiment la personne est un pervers narcissique, c'est de la manipulation. Mais en même temps, quelqu'un qui dit qu'il veut changer, qui veut se accompagner, on ne peut pas lui dire tout de suite non, non, non, avec toute-puissance : « j'ai vu une vidéo de Cyrille Novou, il dit que non ». Il faut simplement ne pas se laisser embobiner par les mots, et voir si les actes sont joints à la parole. Donc oui, tu veux te accompagner, mais concrètement, tu fais quoi ? Si on te dit « je vais travailler sur moi-même avec des bouquins et des vidéos », barre-toi en courant. Ça ne marche pas. Voilà, jugez par vous-même.
Et c'est simple, ce n'est pas compliqué. Il faut juste regarder si les gens font ce qu'ils disent et disent ce qu'ils font. Il n'y a rien à deviner. Il faut juste regarder froidement : OK, il dit ça, mais qu'est-ce qu'il fait derrière ? Qu'est-ce qu'il fait derrière ?
Quand l'esprit tend cette question, « est-ce qu'il peut changer ? », c'est pour valider l'idée qu'il faut encore rester, qu'il faut encore en faire plus. Mais surtout, pourquoi est-ce qu'il dit ça ? Parce qu'il y a un bénéfice à être en lien avec un pervers narcissique : quand je suis avec lui, j'ai peut-être pas grand-chose, mais j'ai quand même des miettes, et les miettes, c'est mieux que rien.
Parce que pendant que je me pose toutes ces questions sur l'autre (comment il fonctionne, comment il vit, est-ce que je peux le changer, comment faire pour le changer), ces questions muleta, c'est l'esprit qui tourne à bloc pour me couper de mes émotions. Pourquoi ? Parce que j'ai des mémoires enregistrées qui font très très mal, des mémoires d'abandon. Pendant que je pense, pense, pense tout le temps dans ma tête, je ne suis pas dans mon corps. Quand je ne suis pas dans mon corps, je ne suis pas au contact de ces émotions qui font souffrir.
Si un PN reconnaît qu'il a un problème, mais qu'il ne sait pas comment s'en sortir, qu'est-ce qui se passe ?
S'il reconnaît qu'il a un problème et qu'il a vraiment envie de s'en sortir, il se renseigne et il entre en coaching. Mais avec une méthode qui travaille avec le corps, pas juste comprendre. Comprendre ne répare pas. Donc il faut qu'il se lance dans un coaching, où il va pouvoir réparer vraiment ses blessures, ses blessures d'abandon et d'humiliation.
