Comment retrouver ma liberté face à la manipulation ?
Il y a une chose à préciser : si ce n'est pas de la famille, la première chose à faire, c'est de se barrer. Voilà : si ce n'est pas de la famille, la première des choses à faire, c'est de partir.
Dans tous les cas, quand on a un PN dans son entourage (c'est valable aussi pour le travail, même si au travail, ce n'est pas tout le monde pareil), il faut tenir une conduite bien claire : être très vague sur sa vie, en dire le moins possible. Il va chercher à tout savoir. Donc la première chose, c'est vraiment d'éviter de lui confier des choses avec lesquelles il pourrait vous faire chanter. Parce que, s'il détient quelque chose comme ça sur vous, vous pouvez être sûr qu'il n'oubliera pas : il est à l'affût, et croyez-moi, le moment venu, il va vraiment s'en servir. Il n'y a aucun doute là-dessus.
Donc, première chose : ne rien confier de sensible. Jamais, rien. Ça, c'est une ligne rouge. Il faut rester vague, faire ce qu'on appelle du brouillard. Un exemple : s'il vous demande « alors, comment ça va avec ceci, cela ? », vous répondez « ça va comme le temps ». Faites du flou. Ça ne va pas lui plaire : il va toujours chercher à vous tirer les vers du nez.
De manière générale, il faut limiter au maximum les interactions. C'est une règle à tenir aussi, parce que lui, ça peut être sans fin : il se branche sur vous, il est là pour vous vampiriser. Le simple fait de lui répondre, c'est déjà en soi lui donner quelque chose. Je sais qu'il y a des gens qui vont être choqués par ce que je dis, mais ce n'est pas grave.
Ça, c'est valable que ce soit de la famille ou pas. La différence, c'est que quand c'est la famille, on ne peut pas les bannir. On ne bannit pas un membre de sa famille. Ça ne veut pas dire qu'il faut rester en contact avec lui tous les jours : on peut se tenir à distance, mais sans bannir.
Donc, il y a déjà des choses à faire : faire du flou, en dire le moins possible, être vague, et limiter les interactions. Ça, c'est la base. Après, l'idéal, la crème de la crème, si vous pouvez, c'est de régler vos blessures émotionnelles d'enfance. Parce que c'est par là que rentre le PN : il rentre par la peur de l'abandon, obligatoirement, et ses conséquences. C'est la peur qu'il suscite et les boutons sur lesquels il appuie qui vont lui permettre de mettre de l'emprise et de faire que vous marchiez sur des œufs.
Si vous n'avez pas de blessure émotionnelle d'enfance, et que vous avez pris soin de ne pas lui confier des choses qui fassent que, s'il vous tient, entre guillemets, vous saurez poser vos limites. Mais vous savez que poser des limites avec un PN, ça veut dire s'exposer à la rage narcissique, si vous voulez conserver l'estime de vous-même. Faire face à la rage narcissique, ça veut dire faire face aux cris, aux menaces, aux invectives, aux tentatives d'humiliation publiques. Ils seront prêts à tout quand vous êtes le loup blanc de la famille qui résiste, le mouton noir qui casse les cycles. Ça fait partie du jeu, j'ai envie de vous dire, mais au moins vous avez votre liberté, et ça n'a pas de prix : avoir sa liberté, marcher dans la rue, au milieu du trottoir, la tête haute, ça n'a pas de prix. Et surtout, si vous avez des enfants, vous leur montrez que votre vie n'est manipulée par qui que ce soit : ce n'est pas un pervers narcissique qui va vous empêcher de la vivre.
Vous n'allez pas rentrer dans l'obsession du pervers narcissique, vous n'allez pas chercher à le convaincre. Vous savez que vous avez affaire à un préado dans un corps d'adulte, un petit merdeux, bon, voilà. Vous avez autre chose à faire : vous êtes votre propre projet à vous-même, pas le projet d'un fou. C'est cette attitude qui va vous permettre de vivre votre vie. Et c'est de régler vos blessures émotionnelles qui va vous permettre de sortir de l'obsession.
Parce que c'est comme ça que ça se passe avec le pervers narcissique : comment savez-vous s'il a de l'emprise sur vous ? Même si vous l'envoyez paître, si vous y pensez toute la journée, du matin au réveil au soir au coucher, il est rentré dans votre tête. Même si vous ne le voyez pas physiquement, s'il est dans votre tête tout le temps, vous êtes sous l'emprise.
Réparez. Pas juste la libération des émotions : la réparation. Personne n'en parle. On parle de libération, mais la réparation, c'est ça qui répare vraiment l'abandon.
